• ➤ Historique de la messe noire en France

     

    Historique de la messe noire en France

    Le 4 janvier 1679 , le lieutenant général de la police de Paris , NICOLAS DE LA REYNIE , ouvrit une enquête qui allait impliquer de nombreux grands personnages du royaume de France dans le scandale le plus grave du long règne de LOUIS XIV . LA REYNIE découvrit en effet que des membres de la noblesse n'hésitaient pas à empoisonner les gens en grand nombre , pour capter leur héritage ou pour se débarasser d'une épouse gênante . Des gens de la cour se trouvèrent impliqués dans un sinistre réseau d'empoisonneurs et d'adorateurs de SATAN . Et des personnes très proches du souverrain imploraient régulièrement l'aide du DEMON en lui sacrifiant des petits enfants lors de messes sataniques .

    La messe noire est une parodie sacrilège des rituels les plus sacrés de l'eglise . Elle a beaucoup emprunté aux récits des pratiques du sabbat et au cérémonial de l'église des premiers siècles , où certains prétendent qu'il n'était pas rare de faire dire une messe pour assurer la mort d'un ennemi ou la réussite d'entreprises financières ou amoureuses . Pendant leur persécution , les sorcières furent fréquemment accusées de se livrer à des parodies du rituel chrétien , ce qui conduisit à l'idée , très inexacte que la messe noire faisait partie intégrante du sabbat . En réalité , très peu de procès-verbaux du temps font référence à des cérémonies de ce genre . La véritables messe noire n'apparait que longtemps après cette ère de frénésie . La première référence connue à une messe noire célébrée en Angleterre date de 1896 .....

     

    Pourtant de nombreux journalistes modernes - et la majorité de leurs lecteurs - continuent de confondre sorcellerie , messe noire et satanisme . Aussi semble t-il bon de dire un mot des différences qui les séparent . La messe noire est une perversion obscène et blasphématoire de la messe , pratiquée dans le but ostensible d'offenser dieu et de rendre hommage au DIABLE . Elle peut aussi être célébrée dans un but maléfique précis . La sorcellerie , telle qu'elle fut définie au temps des persécutions , impliquait le culte de SATAN , mais sans qu'il fût vériablement questions de messes noires . Le satanisme en est un sous-produit moderne , fondé sur une négation systématique du christianisme . Ses adeptes croient que le DEMON représente le bien et dieu le mal .La messe noire est au centre de leurs rites .

    L'affaire soulevée par NICOLAS DE LA REYNIE est l'un des très rares cas où sorcellerie et messe noire soient mêlées , dans la mesure où plusieurs prétendues sorcières faisaient partie de la bande des pourvoyeurs de succession qui s'était infiltrée jusqu'au chaâteau de Versailles .

    La France de LOUIS XIV est caractérisée par la cohabitation des extrêmes , dans le vice comme dans l'élégance . Habillés avec le goût le plus exquis , les courtisans se passionaient pour les plus subtiles délicatesses de l'étiquette et de la tenue , tout en étant capables de la cruauté la plus brutale pour assouvir leurs ambitions . LOUIS XIV était le centre de l'univers . Demeurer dans sa faveur était le but unique de chacun à la cour . LA REYNIE mit en lumière certains dessous tortueux de ce monde étincelant .

     

    Plusieurs pourvoyeurs de poisons avouèrent que certaines personnes de la cour étaient leurs clientes , et le roi nomma une commission spéciale pour enquête et jugement . On la surnomma la chambre ardente , en raison de la salle ornée de tapisseries noires , illuminées par des chandelles , où elle tenait ses assises . La commission siégeait dans le plus grand secret et ses jugements étaient sans appel . Elle ordonna de nombreuses arrestations , dont celle de CATHERINE DE MONVOISIN , dite LA VOISIN , qui allait devenir célèbre . C'était une diseuse de bonne aventure très consultée par la noblesse et une experte ès sciences occultes , dont la fabrication de philtres d'amour et de mort . Deux pretres furent arrêtés avec elle ; leur rôle dans l'affaire n'apparût que plus tard . Dans l'immédiat , LA REYNIE s'évertua à découvrir et arrêter le plus possible de trafiquants de poudres de succession , ainsi que leurs clients .

    A la fin de l'année , plusieurs pourvoyeurs avaient été éxecutés , et une jolie petite duchesse condamnée à l'exil pour avoir tenté de faire disparaître son vieil et riche époux en lui offrant une chemise imbibée d'arsenic . Dautres personnes de l'aristocratie furent embastillées ou s'enfuirent à l'étranger . Le roi en personne enjoignit à ses commissaires de pénétrer aussi loin que possible dans cet abominable trafic de poisons et de rendre une stricte justice , sans distinction de personne , de rang , ni de sexe .

     

    Mais en octobre suivant , LOUIS XIV ordonnait de faire disparaître certaines pièces du dossier ; les audiences de la chambre ardente étaient suspendues et l'enquête réduite à la seule action , discrète mais très efficace , de LA REYNIE et de son assistant . Cette volte-face avait une raison : la menace d'un scandale dans l'entourage immédiat du roi . De tous les courtisans qui avaient été les clients des diseuses de bonne aventure et de trafiquants de poisons , aucun n'était plus compromis que la femme qui avait été sa maîtresse pendant 12 ans , FRANCOISE ATHENAÏS DE ROCHECHOUART , Marquise de MONTESPAN .

    Elle avait plus d'influence que la reine et fut l'un des plus brillants joyaux du grand siècle . L'enquête révéla les méthodes criminelles qu'elle avait employées pour établir et consolider sa position .

    L'histoire commence 13 ans plus tôt . En 1667, madame de MONTESPAN avait 25 ans , elle était dame d'honneur de la reine . Le roi commençait à se fatiguer de sa maîtresse en titre , LOUISE DE LA VALLIERE , et la MONTESPAN résolut de prendre sa place . Elle rechercha l'aide de LA VOISIN , qui la présenta à l'abbé MARIETTE. On décida de recourir à une espèce de messe magique , réputée pour assurer le succès des entreprises amoureuses , dite messe du Saint esprit . Ce n'était autre qu'une variante édulcorée de la messe noire.

     

    La cérémonie eut lieu à Paris , dans une maison particulière . L'abbé officia revêtu de ses ornements et invoqua l'esprit saint en latin . Madame de MONTESPAN à genoux devant lui lui recité des incantations contre sa rivale : "je désire l'affection du roi , psalmodiait-elle , et qu'eele soit durable , et que la reine soit frappée de stérilité ; et que le roi quitte sa couche et sa table pour les miennes ; et que je devienne courtisée et respectée des grands seigneurs , admise au conseil du roi , que je sache tout ce qui s'y passe ; et que le roi quitte LA VALLIERE et que son regard ne la voie même plus" .

    Le rite fut réitéré dans la chapelle particulière de l'abbé , au-dessus des coeurs de deux colombes , symboles de Vénus , solennelement dédiés aux noms du roi et de madame de MONTESPAN . Un troisième office destiné à causer la mort de la rivale fut dit sur des ossements humains .

    En apparence , ces messes magiques semblent avoir fait obtenir à l'ambitieuse dame d'honneur tout ce qu'elle pouvait souhaiter . L'étoile de LA VALLIERE se mit à pâlir et la MONTESPAN devint la favorite du roi , qui lui fit bâtir un château dans les environs et lui prodigua richesses et honneurs , pour elle et pour les siens . Mais , dans une cour où grouillait l'intrigue , la favorite ne pouvait se permettre de se reposer sur ses lauriers . La peur de se voir supplantée et les sautes d'humeur du roi la firent souvent recourir à LA VOISIN et à son aide extra-naturelle .

    La fille de LA VOISIN , MARGUERITE , a déclaré aux juges de la chambre ardente : "A chaque évenement nouveau , chaque fois qu'elle craignait de voir décliner son influence sur le roi , madame DE MONTESPAN en parlait à ma mère , pour qu'elle lui trouve le remède . Et ma mère avait aussitôt recours à des prêtres , à qui elle faisait dire des messes , et à des poudres , qu'elle donnait à la favorite pour le roi".

     

    Ces poudres étaient des philtres d'amour composés selon les recettes de la sorcellerie avec de la poudre de taupes desséchées , du sang de chauve-souris , de cantharide - aphrodisiaque réputé fait de poudre de mouches aux vertus vésicatoires , la mouche espagnole en particulier - et diverses autres substances plus ou moins nocives . Madame de MONTESPAN en saupoudrait la nourriture du roi , qui l'avalait sans s'en apercevoir .

    Un jour , le roi fut submergé par les remords de sa conduite adultère , et madame de MONTESPAN se retrouva bannie de la cour . Elle recourut aussitôt aux sortilèges et aux messes , et rentra en faveur un mois après . Mais , bien plus dangereux que ses remords épisodiques , les regards conquérants du roi sur les autres beautés de la cour la faisaient trembler . En 1672 , elle revint trouver LA VOISIN en quête de sortilèges plus puissants . Des mains de l'abbé MARIETTE , la MONTESPAN passa alors entre celles autrement plus sinistres de l'abbé GUIBOURG .

    GUIBOURG se prétendait fils illégitime d'un grand seigneur . Il avait alors près de 70 ans . Laid , bouffi , défiguré par un strabisme prononcé , il s'était spécialisé dans la célébration d'une version proprement satanique de la messe noire .

    Pour produire son effet , l'office devait être célébré 3 fois . La première fois , Madame de MONTESPAN retrouva l'abbé à Villebousin , château isolé , ceint de douves profondes , entre Paris et Orléans . Elle se dévêtit dans la chapelle et se coucha sur l'autel , une bougie dans chaque main . GUIBOURG dit la messe sur son corps , le calice posé sur son ventre nu . Au moment de la consécration , il souleva un jeune enfant et lui perça la gorge d'un coup de canif en recueillant son sang dans le ciboire . LA MONTESPAN et le prêtre récitèrent alors l'invocation suivante à deux princes de l'enfer :
    " ASTAROTH , ASMODEE , princes d'amour , je vous conjure d'accepter le sacrifice de cet enfant . En echange , je coudrais conserver l'affection du roi , la faveur des princes et des princesses de la cour et la satisfaction de tous mes désirs ".

    Le deuxième office , avec sacrifice humain , eut lieu dans les ruines d'une cabane en pleine campagne et le troisième à Paris même , dans une maison . Il n'est pas surprenant que la MONTESPAN ait été dés lors persuadée du pouvoir des démons : ses invocations meurtrières furent suivies d'un regain defaveur du roi à son égard .

     

    Mais les crises étaient périodiques . Il fallut reprendre les messes en 1675 . La fille de LA VOISIN raconta plus tard comment elle avait aidé sa mère à préparer une chambre pour une cérémonie . Elle étendit un matelas sur des sièges , avec un tabouret à chaque bout . L'abbé GUIBOURG portait une chasuble blanche ornée de pommes de pin noires . Madame de MONTESPAN , "entièrement nue , pénétra dans la pièce et s'allongea sur le matelas , la tête pendante sur un coussin posé sur une chaise mise à l'envers ; ses jambes pendaient de l'autre côté . On lui mit un napperon sur le ventre avec un crucifix dessus et le calice " .

    Détail macabre , lorsque l'enfant fut égorgé - c'était un bébé né avant terme - son sang refusa de couler et GUIBOURG dut lui ouvrir le coeur pour recueillir quelques gouttes de sang à moitié coagulé . Madame de MONTESPAN en emporta un peu pour le mettre dans la nourriture du roi .

    En 1679 , LOUIS XIV se fatigua d'elle et pris une nouvelle maîtresse , mademoiselle de FONTANGES . A ce stade , La MONTESPAN et une de ses acolytes tentèrent de faire mourir le roi et la nouvelle favorite au moyen d'une série de messes noires , mais sans succès cette fois . Le lieutenant LA REYNIE intervint dans de nouvelles tentatives .

     

    Après ces effroyables révélations , rien de surprenant à ce que le roi se soit hâté de mettre un terme aux activités de la chambre ardente . La splendeur de sa cour , reflet de son amour-propre , ne pouvait être laissée à la merci d'une accusation de vice et de blasphème . Après avoir secrètement convaincu la MONTESPAN de ses crimes , il renonça par orgueil à la disgracier publiquement et , pendant 10 ans , le roi continua de lui rendre visite chaque jour par crainte du scandale . Ce qui se passait entre eux pendant ces entrevues , nous ne le saurons jamais .

    LA REYNIE fit arrêter 360 personnes , dont 110 passèrent en jugement et 36 furent brûlées ou pendues . Plusieurs clercs avouèrent des célébrations de messes noires ,. A 2 reprises au moins , on parla de mère faisant le sacrifice de l'enfant dont elle venait d'accoucher . Il n'était pas rare que le célébrant ne possède la fille sur l'autel en présence de l'assistance . Mais pour effrayants qu'aient été ces crimes , la majorité des complices échappèrent à tout jugements publics , de peur que leurs témoignages ne missent en cause la MONTESPAN . la seule solution consistait a les mettre au secret , sans les juger . tel fut le sort de 150 personnes qui vécurent emprisonnées dans la plus stricte solitude jusqu'au jour de leur mort . La dernière décéda en 1724 , 40 ans après la cloture de l'instruction .

    Le roi brûla personnellement les documents du procès . Seules les notes de LA REYNIE sont parvenues jusqu'à nous et nous ont permis de disposer d'une relation sur les messes noires les plus caractéristiques de l'histoire du satanisme .

    Cette issue de l'affaire était sans doute inévitable . depuis des siècles , sorcières et hérétiques avaient été accusés de sacrifices d'enfants au démon , d'ailleurs sans que des preuves formelles en aient jamais été apportées . Alors , quand des personnes sans scrupules tentèrent vraiment l'aide du DIABLE , la logique voulut qu'elle le fissent dans les règles fixèes par les racontars des chasseurs de sorcières . ROSSELL HOPE ROBBINS , qui se consacra à démythifier ces croyances populaires , fait remarquer que l'affaire de la chambre ardente est probablement le seul cas de sorcellerie où le jugement ait été fondé sur quelques éléments de preuves formelles et non sur les phantasmes de jeunes névrosées ou sur la logique morbide des juges et d'inquisiteurs pervertis .

    Dans une histoire aussi riche en incidents fantastiques , il est étrange de constater que les rituels d'infanticides et les appels aux puissances infernales aient semblé couronnés de succès , pendant de nombreuses années au moins .

    Sans doute les philtres d'amour et leurs aphrodisiaques y jouaient -ils un rôle . Mais les théories modernes sur la puissance de la pensée - malveillante surtout - donnent à penser qu'une focalisation de la volonté aussi intense que celle qui se produit lors d'une messe noire pourrait bien avoir le pouvoir d'agir sur l'esprit d'autrui .

     

    Après le XVII° siècle , la messe noire est périodiquement revenue d'actualité , souvent dans les milieux de gens assez snobs à la recherche de sensations nouvelles . Tel fut le cas des fameux HELL FIRE CLUBS ( Club des feux de l'enfer ) d'angleterre . Leurs membres étaient en général de jeunes gentlmen qui flirtaient avec le satanisme , et dont les réunions avaient pour but de s'amuser de façon obscène et blasphématoire . Il s'en créa un certain nombre en Angleterre , en Ecosse et en Irlande , mais le principal se réunissait dans les résidences les plus élégantes de Londres vers 1720 .

    30 ans plus tard , une douzaine de jeunes riches et dépravés se constituèrent en une fraternité de "moines sacrilèges" . Ils se réunissaient deux fois par mois dans la salle capitulaire - remise à neuf par leur soins - de Medmenham Abbey , sur le cours supérieur de la Tamise . Seuls 7 membres en ont été formellement identifiés , parmi lequel le fils scandaleux de l'archevêque de Canterbury et Sir Francis DASHWOOD , qui louait l'abbaye et devint le premier abbé de l'ordre .

    Au fronton de la salle capitulaire , une citation de RABELAIS se voit encore : Fay ce que voudrais . Les murs étaient couverts d'ouvrages salaces en guise de manuel depiété et la galerie des moines possédait une rare collection d'oeuvres pornographiques . Des chefs réputés leurs préparaient des plats exotiques et l'on faisait venir des filles de Londres pour satisfaire d'autres appétits .

    Lors de leurs cérémonies , les moines sacrifiaient à BACCHUS , dieu de l'ivresse et à VENUS , déesse de l'amour , et probablement au DIABLE , sans qu'on ait bien su a quel degré ce culte était sérieux . On prétend que l'un des moines lâcha une fois un babouin en pleine célébration de messe noire.

     

    La seconde moitié du XIX° siècle vit un renouveau d'engouement pour les sciences occultes . En France , un moine défroqué originaire de Lyon , JOSEPH ANTOINE BOULLAN , prêchait que la voix du salut passait par la copulation entre les humains , les enges et les esprits de la mort . Consciemment ou non , il faisiat revivre le concept médiéval de l'amour avec les démons , incubes pour les femmes et succubes pour les hommes . BOULLAN animait un groupe de satanistes et se disait spécialisé dans l'exorcisme des nonnes possédées , ou prétendues telles , par l'administration d'hosties profanées . Il a certainement célébré des messes noires , au cours desquelles on prétend qu'il crucifiait des bébés , peut-être les sous produits des dépravations sexuelles du groupe . On dit même qu'il sacrifia son rejeton lors d'une messe noire . La première révélation sur ses activités est due a un magicien rival , le marquis STANISLAS DE GUAITA , qu'on dit avoir célébré une messe noire pour le perdre . Plus tard , JORIS-KARL HUYSMANNS , occultiste converti au christianisme , écrivit un livre intitulé "Là-bas" où il donne de nombreux détails sur plusieurs groupes satanistes existant en France à la fin du XIX° siècle , dont celui de BOULLAN .

    HUYSMANNS décrit une messe noire pendant laquelle l'officiant portait des ornements rouges sang brodés de symboles obscènes , chantait la messe à rebours , souillait l'hostie et invoquait le diable pour lui demander virilité , gloire , richesse et puissance pour les membres de la secte . Ses acolytes étaient des invertis lourdement fardés , et la célébration s'achevait en orgie . L'ouvrage d'HUYSMANNS fit sensation et servit probablement par la suite de source d'inspiration à biend es auteurs de fiction sur l'occultisme . On dit que BOULLAN avait prédit l'imminence de sa mort lors d'un entretien avec HUYSMANNS . Il pourut en 1893 , deux ans après la parution de "Là-bas".

     

    L'absence de continuité dans la tradition de la messe noire en a fait pour une large part une création artificielle dans laquelle les satanistes d'une période donnée revivifiaient les rites de la précédente d'après les descriptions qui leur en étaient restées . Aussi ont-elles varié considérablement d'un groupuscule à l'autre , selon que les officiers donnaient plus d'importance au sacrilège ou à l'obscénité .

    Ainsi , diverses substances ont-elles été utilisées en guise d'hostie sacramentelle : une tranche de navet teintée denoir , du pain ordinaire consacré au nom du diable ou des hosties spéciales portant le nom de SATAN en impression . Certains satanistes préféraient la profanation . Ils assistaient à une vraie messe et conservaient l'hostie à profaner lors de la prochaine messe noire . La profanation consistait à souiller l'hostie ou à la mettre en pièces , dans l'idée que le christ , présent dans l'hostie , souffriarait ainsi réellement dans sa chair .

    Les messes noires célébrées aux Etats-Unis pendant la première moitié du XX° siècle se sont probablement déroulées comme les a décrites l'auteur américain W.B SEABROOK , qui assista à de telles cérémonies à New York , Londres , Paris et Lyon . Chacune suivait à peu de chose près le même rituel : il faut un prêtre défroqué ou rénégat , une hostie consacrée , une prostituée et une vierge . La vierge s'étend nue sur l'autel , un crucifix tête en bas sur son corps . Des fragments de vraie messe sont récités à l'envers , le mot mal remplace le mot bien , et SATAN remplace dieu . La prostituée sert la messe . Un gobelet de vin est placé entre les seins ou les cuisses de la vierge , après une légère aspersion . L'hostie est abaissée et non élevée , au moment de l'élévation , puis elle est souillée .

     

    On note de nombreuses variantes . La cérémonie se tient parfois dans une chapelle en ruine ou dans une cave , parfois dans une simple chambre . La vierge semble unélément permanent , mais comme dans la messe noire de JUSTINE , du MARQUIS DE SADE , elle en sort raremenr indemne .... Nombreuses sont les imitations d'eau bénite et , dans les récits de SEABROOK , le vin est remplacé par d'horribles mixtures . Le célébrant porte parfois une chape noire , sans broderies , en forme de croix . Le signe de la croix est singé , éxécuté de la main gauche ou du pied gauche sur le sol .

    Dans les années 1960 , l'occultisme connut un regain d'engouement , avec accompagnement de satanisme et de messes noires . En Europe et surtout aux Etats-Unis , de nombreuses communautés satanistes se sont implantées . L'église de SATAN , d'ANTON LA VEY , fut fondée en 1966 à San francisco . C'est la plus connue . Elle prétend avoir des fidèles en Europe et en Australie , et plusieurs milliers d'adeptes en Amérique . Le livre de LA VEY "La bible de SATAN " a été un best seller sur beaucoup de campus universitaires .

     

    LA VEY cherche a se donner l'apparence de SATAN , mais la majorité de ses adeptes ne se distinguent en rien des gens de la rue . Il en est ainsi de deux membres de haut rang de l'église de SATAN de Louisville , Kentucky . Lui a un rang d'évêque , elle de prêtresse . Ce jeune ménage a deux enfants . L'un et l'autre sont diplômés , lui en sciences politiques , elle comme infirmière . "Mon mari et moi , nous ressemblons à monsieur et madame tout-le-monde " , dit-elle . Ils ont une villa de style colonial dont le sous-sol est devenu lieu de culte où la congrégation de Louisville se réunit pour invoquer la puissance du DEMON .

    On y célèbre une messe satanique , pendant laquelle une femme se place nue sur l'autel pour symboliser la mère de toute fertilité . Les objets du culte comprennent des chandelles , de l'encens , une clochette , un calice , un sabre symbolisant la puissance , et un phallus pour figurer la pérénité de l'espèce , la virilité et le courage . La jeune femme ajoute qu'ils ont quelque peu mis en sourdine les excès primitifs d'ordre blasphématoire ou sexuel . On se limite désormais à piétiner une hostie en graine de sésame . "La cérémonie était autrefois très obscène et très lascive , dit-elle , ce n'est plus désormais pour chacun qu'une façon de se libérer de ses inhibitions "

     

    Tout néophyte doit porter une baphomet rouge , symbole de SATAN . C'est un emblème en forme d'étoile à cinq branches encastré dans un disque rouge fixé à un collier . 90% des membres de la secte appartienent au premier degré . Si un membre fait preuve d'aptitudes particulières au satanisme , il ou elle peut être élevé après examen au deuxième degré , c'est à dire au rang de sorcier . Le troisième degré est celui de la prêtrise de MENDES , nom de la cité de l'ancienne Egypte où l'on adorait un bélier ou un bouc selon certains . Au quatrième degré , le sataniste devient "magister caverni" , "magister templi" ou "magister magis" , dignités analogues à l'épiscopat , l'archépiscopat , ou le cardinalat . LA VEY seul a atteint le cinquième degré , celui de "magister satanis" , le maître satanique .

    Les croyances fondamentales des satanistes modernes sont diffcile à cerner . L'un des objectifs de l'église de SATAN est de restaurer SATAN en tant que divinité digne d'un culte . Mais les raisons pour lesquelles on doit le rejoindre plutôt que le fuir ne sont guère convaincantes .

     

    SOURCE


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :