• Cyber police: La focalisation sur internet

     

    Focalisation sur Internet
    Les pédocriminels ne sont pas virtuels
    “La fermeture d’un site Internet est une rigolade”
    La lutte contre la pédocriminalité n'est pas virtuelle

     

    Extrait de "Les réseaux de l'horreur" - Témoignage de Marcel Vervloesem

    Internet, le virtuel, la réalité et l'action réelle


    "Toutes nos technologies sont le plus souvent du virtuel. (...) Il faudrait quand même que ceux qui manipulent ces arguments ultraclassiques connaissent un peu d'histoire, un peu d'histoire des sciences et des techniques et un peu de philosophie. Cela les rassurerait tout de suite. Autrement dit, les nouvelles technologies ont deux caractéristiques. Premièrement, elles sont extrêmement anciennes dans leurs buts et leurs performances et extraordinairement nouvelles dans leurs réalisations." (Michel Serres, entretien avec Michel Alberganti, Le Monde, 19/06/2001)

    "La question qu'il faut toujours se poser est la suivante : une technologie oui, mais pour quoi faire ? En cela, Internet n'est pas différent des autres grandes technologies de l'histoire. Il se diffuse donc plus vite dans les milieux qui en ont l'usage. Or une technique ne devient un instrument majeur des pratiques sociales que lorsque la société dans son ensemble en a besoin pour avancer. Aujourd'hui, les gens construisent le Web à leur image.

    C'est la pagaille, car tout coexiste sur Internet : usages sociaux, expressions politiques, réseau de sociabilité personnel, quête d'informations, mouvements associatifs, mais aussi propagande nazie, pédophilie et pornographie. De quoi inquiéter les hommes politiques, car cet espace ne peut être totalement contrôlé. Tout juste peut-on le réprimer.
    Le grand public a donc son rôle à jouer dans son développement. D'ailleurs, il ne s'en est pas privé. Les internautes ont en effet produit les chats, les newsgroups, les forums... Les enchères en ligne, l'art numérique ou le téléchargement de musique ont été inventés de cette façon, puis ont été récupérés ensuite par des entreprises." (Manuel Castells, entretien avec Guillaume Fraissard, Le Monde interactif, 1/06/2002)

     

    Focalisation sur Internet


    Des milliers de sites de caractère "pédophile" et quelques 300 000 images de ce type circulant sur le web, plus les échanges de mails et de fichiers : les gouvernements, les médias et les associations situent sur Internet le lieu géométrique de la pédocriminalité. Interpol et pratiquement toutes les polices nationales ont mis en place des cellules spéciales de surveillance et de recherche de la pédopornographie sur Internet. Des campagnes publiques menées à grand bruit sur ce thème ont ainsi pu entretenir l'idée que l'ensemble du problème est appréhendé et, par conséquent, que l'Etat apporte la bonne réponse avec les moyens nécessaires.
    (voir : Le Sénat belge souhaite entendre Marcel Vervloesem)
    S'il est incontestable que la circulation d'images, d'opinions ou de propositions "pédophiles" sur Internet doit être détectée et réprimée, il ne peut être question de réduire à ce seul aspect la lutte contre la pédocriminalité, pas plus que ne pourraient l'être la lutte contre toutes formes de racisme ou d'extrêmisme.

     

     

    Les pédocriminels ne sont pas virtuels

     

    Qu'ils utilisent ou non le Net comme moyen d'échange et de diffusion, à titre principal ou accessoire, les pédocriminels ne sont jamais de simples "personnages" et leurs agissements ne se limitent jamais durablement à la seule imagination. Les plus dangereux d'entre eux n'ont souvent aucun lien avec Internet (Matzneff, Dutroux, ...) et, de toute façon, l'image a toujours pour point de départ et souvent pour aboutissement un acte réel.
    Les pseudos artistes et authentiques pornographes qui invoquent la protection de la liberté d'expression pour contester les lois de protection de l'enfance se moquent du monde. L'exemple récent du Child Pornography Prevention Act (CPPA) invalidé par la Cour suprême des Etats-Unis le 16 avril 2002 est à cet égard particulièrement significatif : la plus haute juridiction américaine juge que la législation sur la pornographie infantile "virtuelle" adoptée en 1996 viole le Premier amendement de la Constitution des Etats-Unis relatif à la liberté d'expression au motif principal que la production d'images virtuelles grâce à un ordinateur n'implique pas directement les enfants et qu'il n'y a pas de “préjudice” puisque aucun enfant de chair et d'os n'est utilisé. C'est faire abstraction du caractère incitatif de l'image et sur le fait que la production d'images de synthèse, trop chères, n'existe quasiment pas pour le moment sur le marché de la pornographie. La liberté d'expression n'est ici que le camouflage de la liberté du commerce.

     

     

    “La fermeture d’un site Internet est une rigolade”

     

    Ce n’est pas nous qui le disons, mais les professionnels de l’Internet à la suite de l’interdiction du site web du groupuscule fasciste Unité radicale (UR) ordonnée par la justice le 8 août 2002 :
    «L 'Internet est un réseau mondial sans régulation. En s'adressant aux hébergeurs de pays offshore , on peut créer en toute impunité un site délictueux, qu ' il soit néo-nazi, pédophile ou portail de vente de drogue en ligne». Par conséquent, d ' un point de vue technique, la fermeture du site d'UR, dont était proche Maxime Brunerie, auteur de l ' attentat manqué du 14 juillet contre le président Jacques Chirac, est «malheureusement une rigolade» (Jean-Christophe Touvet, expert technique en sécurité réseau, Le Télégramme, 9/08/2002)
    Et Meryem Marzouki, présidente de l 'association IRIS (Imaginons un réseau Internet solidaire), estime également que demander la fermeture pure et simple de sites comme celui d'UR relève d ' une «logique inefficace» : «Ses membres ont déjà annoncé qu ' ils pourraient recréer sans problème leur site depuis les Etats-Unis» dont la législation est différente. Et elle conclut : «Plutôt que de faire fermer des sites, il vaudrait mieux poursuivre leurs auteurs au pénal».
    Tout est dit : il ne suffit pas de dissoudre un site Internet, encore faut-il utiliser les ressources du code pénal contre ses auteurs qui sont de toute façon connus ou identifiables.

     

     

    La lutte contre la pédocriminalité n'est pas virtuelle

    La lutte contre la pédophilie sur le web est par conséquent à la fois nécessaire et insuffisante. Nous combattons de la même façon tous les types de pédocriminalité, quelles que soient les méthodes plus ou moins modernes qu'ils utilisent et par tous moyens.

     

    Source

     

     

    Enregistrer

    Enregistrer

    Enregistrer