• Pâques dans la secte

     

    Auteur : Svali, publié le 25 mars 2002 - Traduction Bistrobarblog

    Il y a certaines époques de l'année qui sont particulièrement difficiles pour ceux qui ont survécu à des rituels occultes. Ce sont les ''jours fériés'' qui correspondent à des rituels célébrés par les groupes occultes. Bien que les vrais rites et pratiques puissent varier quelque peu selon les groupes, il existe entre eux certaines similitudes.

    Pâques est une de ces époques. Dans le groupe où j'ai grandi, j'étais autorisée pendant la journée à vivre normalement. Pâques était une célébration du printemps, de l'allongement des jours et des premières fleurs signalant la fin de l'hiver. J'aimais bien jouer avec les branches de buis le jour du Dimanche des Rameaux, et chercher les œufs de Pâques autour de l'église. Et bien sûr apparaissait un petit panier de Pâques avec un lapin ou un agneau en chocolat.

    Mais la nuit, le jour sacré était célébré d'une manière très différente. Une bonne partie de la semaine précédente était consacrée à sa préparation (il n'y avait pas d'école pendant la semaine de Pâques quand j'étais enfant, dans les années précédant la ''pause de printemps'' qui s'est généralisée ensuite. La plupart des écoles étaient fermées pendant une semaine, voire dix jours pendant cette semaine-là). Les événements de cette période était assez douloureux, et comprenaient des brutalités, des sévices sexuels et autres rituels entourant les rites de fertilité, qui culminaient à la fin de la semaine avec la parodie de crucifixion. C'est souvent un enfant qui était choisi pour subir la crucifixion, sinistre caricature de la célébration chrétienne, et les adultes déclaraient que ce rituel était une offrande pour avilir la tradition chrétienne et pour montrer son absence de signification. Je sais avec certitude que de jeunes garçons étaient choisis pour ce rituel et c'était horrible à voir. Une cérémonie de parodie de ''résurrection'' pouvait parfois se faire, mais le ressuscité n'était pas Jésus, mais une entité démoniaque qui allait s'introduire dans la personne amenée dans un état proche de la mort.

    Les racines spirituelles de ces cérémonies ont été créées pour permettre le passage du démon chez les participants, et pour leur apposer un ''sceau'' en tant que participants. Parfois un calice d'or circulait parmi les participants qui buvaient dans une coupe remplie du sang d'un enfant.

    Je découvre de plus en plus en thérapie que j'ai participé à ces cérémonies occultes noires en tant qu'enfant, telles que celles décrites ici. Ces cérémonies permettaient l'entrée d'un démon, et l'un des éléments les plus difficiles à démonter dans la programmation faite par le groupe a été l'emprise que ces souvenirs, et la destruction spirituelle qui suivit, ont eu sur moi. Une partie de mon processus de guérison implique la délivrance de ce que j'ai subi et de remplacer l'épouvantable spiritualité négative de mon enfance par une croyance en l'amour, la compassion et le pardon, antithèses des cérémonies brutales et éprouvantes que j'ai vécues. L'une des tâches les plus importantes des survivants quand ils se remémorent ce genre d'événements (et les dates anniversaires font souvent remonter les souvenirs) est de pouvoir cicatriser et se pardonner d'avoir participé, et de mettre en place un système de croyances qui peut suppléer au négatif. Pour moi, cette croyance est le christianisme et mon souhait est que d'autres trouveront ce réconfort à cette difficile époque de l'année.

    Réaliser que très souvent le groupe fait apparaître certaines choses comme définitives peut être aussi d'une grande aide. ''Tu es condamné pour la vie'', disent-ils aux enfants, ou ''Tu as accepté et maintenant tu es l'un de nous pour toujours.'' C'est absurde. Aucun contrat ne lie définitivement, surtout celui créé par coercition, et une fois que la personne a le choix, elle peut décider de rompre les contrats spirituels de l'enfance établis sous la contrainte. Le groupe pendant ces périodes de fêtes et de rituels essaie d'inculquer une impuissance et le sentiment que ''maintenant je ne peux jamais être libre'', mais ce message est absolument faux et joue sur la peur du petit enfant. En tant qu'adulte, au contraire, le survivant a le choix et peut choisir de briser ces conventions et de se libérer.

    C'est un combat et je ne voudrais pas qu'il apparaisse aisé. Ça ne l'est pas et je me bagarre toujours avec, mais cela vaut le coup de se libérer de l'emprise que ces cérémonies et ces implications démoniaques ont dans la vie du survivant.