• ➤ Ouverture du site internet "moi aussi amnésie" + communiqué de Mié Kohiyama

    Le site “MoiAussiAmnesie” est destiné aux victimes d’amnésie traumatique partielle ou totale liées à des violences sexuelles. Nous souhaitons d’abord offrir un espace de ressources, de partages et d’expression aux victimes. Par le biais d’articles, d’études ou de témoignages entre autres, ce site a également pour vocation de sensibiliser la société à ce processus de l’amnésie traumatique encore trop ignoré en France et dans le monde malgré l’ampleur des violences sexuelles et la gravité et fréquence du phénomène.

    ➤ Ouverture du site "moi aussi amnésie" + communiqué de Mie Kohiyama

    https://moiaussiamnesie.fr

    https://www.facebook.com/Moiaussiamnesie/

    Bonjour à tous,

    Je sors d’une réunion à l’Assemblée nationale d’un groupe de travail sur les violences sexuelles sur mineurs mis en place par la députée Modem du Val d’Oise, Nathalie Avy-Elimas.

    Cette réunion, qui a duré trois heures, se déroulait notamment en présence de responsables d’associations comme l’AIVI et Enfance et partage. De spécialistes comme la Dre Muriel Salmona, Hélène Romano, docteure en psychopathologie, Eugénie Izard, pédopsychiatre présidente du REPPEA ou encore la pédopsychiatre Catherine Bonnet et de victimes dont je faisais partie.

    Je dois souligner qu’une telle volonté d’interdisciplinarité est rare et tout à l’honneur de Mme Avy-Elimas.
    Des députés ont assisté à cette réunion parmi lesquelles une membre de la Délégation aux droits des femmes qui a semblé écouter avec beaucoup d’attention les interventions.

    Je suis bien évidemment intervenue sur la question qui nous préoccupe, à savoir l’amnésie traumatique suite à des violences sexuelles et son introduction dans la loi. Lors de son intervention, la Dre Salmona avait réexpliqué le processus et déploré les attaques récentes venues de non spécialistes qui mettent en doute l’amnésie traumatique.

    J’ai commencé en déclarant: “j’ai dix minutes pour convaincre le législateur de la nécessité de légiférer sur l’amnésie traumatique, j’espère que je vais y parvenir”. J’ai souligné le fait qu’il s’agissait d’un fait de société en rappelant les chiffres des études (40% d’amnésie totale et 60% d’amnésie partielle touchant les victimes de viols sur mineurs). Plus de 160.000 victimes par an en France. J’ai évoqué la nécessité de légiférer entre autres en raison de l’impunité des auteurs et pour donner un signal fort de protection des victimes et de tolérance zéro par rapport à la pedophilie.

    J’ai aussi évoqué l’ensemble de vos témoignages, de vos situations. J’ai dit que nombreuses étaient les victimes en grande souffrance, dans un grand isolement avec autant une aspiration qu’une peur de la justice, peur de ne pas être crues. Et en tous les cas, un grand nombre dans le besoin d’une juste reconnaissance. J’ai évidemment parlé de notre groupe, des premiers groupes de parole et du nouveau site internet Moiaussiamnesie.fr

    J’ai ensuite déroulé un argument juridique sur lequel j’ai travaillé avec une officier de gendarmerie pour montrer qu’une enquête voire une instruction étaient possibles sur la base de souvenirs ayant ressurgi après une amnésie traumatique en se fondant sur des éléments précis.

    J’ai évoqué le cas de pays à l’avance sur cette question comme Israël. J’ai enfin fait un développement sur l’enjeu, l’importance pédagogique et symbolique de procès tardifs comme celui de Regis de Camaret, l’ancien entraîneur de tennis condamné à dix ans de prison en 2014 pour viols et agressions sexuelles de deux de ses anciennes élèves. C’était en fait une vingtaine d’anciennes élèves qui ont dénoncé les mêmes faits et ce, sur plus de dix ans. Or les victimes prescrites étaient parfois plus précises que les non prescrites.

    Pour conclure, j’ai souhaité vous céder la parole en soulignant qu’il était rare que des victimes d’amnésie traumatique soient entendues par des élus de la République. J’ai donc cité les mots de Lara, 25 ans: “cette amnésie traumatique m’empêche de parler comme j’aimerais pouvoir le faire et me condamne à vivre avec une multitude de symptômes chaque fois plus violents”. Et j’ai conclu “j’espère que vous l’entendrez”.

    Je suis venue accompagnée d’un ami avocat pénaliste Jean Sannier qui a défendu des victimes d’amnésie traumatique et qui a bien expliqué en quoi il était possible d’inscrire dans la loi l’amnésie comme un “obstacle insurmontable” suspendant la prescription et permettant ainsi aux victimes qui le souhaitent de déposer plainte quand les souvenirs resurgissent.

    Enfin, ont été également abordés les questions cruciales comme celle de l’âge du consentement, du signalement et de la nécessité de former les professionnels…entre autres. La gravité des violences sexuelles chez les personnes handicapées a également été abordée.

    Mme Elimas va réunir nos propositions dans un rapport qui alimentera le futur projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles. Un grand merci à elle!

    Belle fin d’après midi,
    Mie Kohiyama pour le groupe Moiaussiamnésie

    Source : https://moiaussiamnesie.fr/victimes-damnesie-traumatique-a-lassemblee-nationale/

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