• Gabriel Matzneff remis en place

     

    Gabriel Matzneff pédophile mondain décrit ces "amours" avec des mineurs de moins de quinze ans avec la complaisance, la connivence et l'admiration de Pivot et des invités...jusqu'à ce qu'une écrivain canadienne casse l'ambiance en ramenant Matzneff à ce qu'il est.
    La Moralité face à l'Amoralité.

     
    Transcription intégrale de la vidéo
    Bernard Pivot (il cite) : « Mon lit est déjà plein, j’affiche complet ». Un peu plus loin, « je suis archi-comble ». Plus loin, « j’ai présentement 12 maîtresses régulières que je dois honorer ». Et, bon, et des amis qui vous connaissent qui disent que vous n’inventez rien, que c’est tout à fait exact.
    Gabriel Matzneff : Non, c’est un vrai pléonasme, c’est pas loin de la vérité.
    Bernard Pivot : « J’ai une écurie de jeunes amantes », c’est-à-dire, on voit votre vie, c’est incroyable ! C’est-à-dire que vous devez mentir, le téléphone, pour pas qu’elles se rencontrent. Vous faites l’amour le matin, l’après-midi, le soir… c’est…
    Catherine Hermary-Vieille : Vous avez une santé extraordinaire ! Extraordinaire, oui oui !
    Bernard Pivot : Vous avez une santé prodigieuse, oui !
    Gabriel Matzneff : Mais en fait, il y a quand même … ces filles ne sont absolument pas interchangeables. Marie-Elisabeth, Anne, Marie-Laurence, Marie-Agnès qui sont là existent, elles existent d’ailleurs presque comme des personnages de roman, je veux dire. Elles ont leur caractère, elles ont leur tempérament, elles sont, les unes sont pleines de drôlerie. Marie-Elisabeth a qui le livre [probablement « Mes amours décomposés »] est dédié qui est une fille pleine d’esprit qui m’envoie dans la figure des vérités et que je note avec délice parce qu’elles sont extrêmement justes et spirituelles. Et ce sont des liaisons durables. Marie-Elisabeth, je l’ai connue quand elle avait 15 ans. Là, elle en a 20 ou 22 à ce livre. Elle est toujours dans ma vie. C’est pas des filles d’une nuit. C’est durable. Et je souffre de ne pas… j’aimerais, j’ai la nostalgie de la fidélité. D’ailleurs, je le dis à plusieurs reprises dans ce livre…
    (rires de l’assistance)
    Bernard Pivot : Matzneff (il lui fait le signe « non » avec la main) ! Matzneff, Matzneff, Matzneff, vous êtes quand même un collectionneur de minettes.
     
    « vous êtes quand même un collectionneur de minettes »
    Bernard Pivot : Et et et … alors par exemple… d’ailleurs vous faites des bilans de temps en temps !
    Bernard Pivot (il lit) : « Forme éblouissante, donc, et mes amours en témoignent. La conquête en trois jours de trois inconnues dont deux vierges : Marie-Agnès, Aude et cette Brigitte S avec qui j’ai fait l’amour de toutes les façons, quasi sans interruption. ». Un peu plus loin « Récapitulons ! Depuis mon retour en Suisse, j’ai fait l’amour avec Pascale, Marie-Elisabeth, Elisabeth, Agnès, Denise, Florence, Maria, Aude, Brigitte S, Pascale B, Marie-Agnès, Marie-Laurence (rires de l’assistance). Agnès m’a plaqué et avec Elisabeth c’est … (il bafouille) … en vingt jours, quatre nouvelles maîtresses : Aude, Brigitte, Pascale B, Marie-Laurence. »
    Bernard Pivot : Alors je me dis, est-ce que, la question est un peu vulgaire, mais : est-ce que vous baisez pour votre journal ?
     
    « est-ce que vous baisez pour votre journal ? »
    Bernard Pivot : Parce que, plus il y aura de maîtresses, plus il y aura de pages dans votre journal !
    Gabriel Matzneff : Absolument pas ! Vous savez, je tiens mon carnet comme ça (il fait le geste d’écrire), d’une manière … c’est pas un journal que j’écris le soir, sur mon bureau…
    [Le livre « Mes amours décomposés : 1983-1984 » de Gabriel Matzneff s’affiche à l’écran – il s’agit d’un journal intime des années 1983 à 1984 - réf : éditions Gallimard, collection « L’infini », Paris, 1990]
    Gabriel Matzneff : … c’est un carnet que j’écris en marchant, très flash comme ça, une écriture un peu Polaroïd. Et donc ce sont des notations… je note pour fixer le moment qui passe, parce que je… vous savez, c’est le sens du livre. Vous savez, c’est les vers de Baudelaire qui ont donné mon titre. D’ailleurs, si « Amours décomposés » est écrit au masculin, je le signale aux puristes, c’est parce que Baudelaire l’a écrit au masculin. Alors « Oh ma beauté, dites à la vermine qui vous mangera de baisers que j’ai gardé la forme et l’essence divine de mes amours décomposés. ». Et c’est parce que je veux lutter contre l’oubli, j’ai horreur de l’oubli, j’ai horreur des gens qui tournent la page, qui renient les êtres qu’ils ont aimé, qui affectent de ne pas se souvenir de tout ce qu’ils ont vécu. Alors que moi je note, j’ai la mémoire pour les autres, notamment pour les personnes qui m’ont aimé et qui pourraient m’avoir renié aujourd’hui. Alors je note. C’est une impression de vaincre la mort. C’est une… c’est peut-être une illusion !
    Bernard Pivot : Alors, Monsieur Stagnara, qu’est-ce que…
    Pierre Stagnara : Alors moi, ça me donne l’impression de continuer le « Huis clos » de Sartre [thème de l’enfer].
     
    « ça me donne l’impression de continuer le « Huis clos » de Sartre »
    [thème de l’enfer].
    Pierre Stagnara : Parce que si vraiment, si on était obligé un jour d’épouser votre personnage, avec la faible constitution qu’est sans doute la nôtre, vous imaginez la prolongation infernale que cela représenterait. C’est effarant ! Dans « Huis clos », Sartre dit « Nous sommes comme des chevaux de bois ». Il y a un aspect un peu circulaire dans vos 2 années là… de confidence. Et tous les jours ça recommence, tous les jours ça recommence et il faut prêter… donner de sa personne. Et…
    Bernard Pivot : Oui, mais ça lui plaît beaucoup !
    Pierre Stagnara : Ah, mais je ne dis pas ! Je dis que c’est un aspect.
    Gabriel Matzneff : ça me plaît, mais parfois… parfois… C’est pas le livre d’un homme heureux, c’est le livre d’un homme souvent finalement assez seul, qui je pense au suicide, de désespoir, c’est pas le livre d’un type qui est… enfin, bref !
    Catherine Hermary-Vieille : Non, ce n’est pas le livre de quelqu’un qui ne se pose aucune question, en tout cas.
    Bernard Pivot : Ben oui, mais enfin, vous êtes écrivain, donc je veux dire, un écrivain il se pose quand même des questions, c’est évident ! Mais c’est vrai qu’il y a… oui, Denise Bombardier !
    Denise Bombardier : Oui, écoutez, moi je crois que je vis actuellement sur une autre planète, parce que j’arrive d’un continent où il y a un certain nombre de choses auxquelles on croit. Nous sommes à la fin du 20ème siècle. Nous défendons les droits de la personne, les droits à la dignité, le droit à l’intégrité des personnes. Et une des choses que l’on défend maintenant, parce qu’il y a une charte des droits des enfants, c’est le droit des enfants et des jeunes à être des jeunes et on les protège. Moi, Monsieur Matzneff me semble pitoyable.
     
    « Moi, Monsieur Matzneff me semble pitoyable »
    Denise Bombardier : Ce que je ne comprends pas, c’est que dans ce pays… je le comprends parce que la littérature a une sorte d’aura ici… c’est que dans ce pays, la littérature, entre guillemets, serve d’alibi à ce genre de confidences. Parce que ce que nous raconte Monsieur Matzneff dans un livre qui est très ennuyeux, parce que la répétition est extrêmement ennuyeuse, le livre finit par nous tomber des mains. C’est… qu’est-ce qu’il nous rac…
    Gabriel Matzneff : Chère Madame, ne devenez pas agressive, n’est-ce pas. Devenir agressive comme ça dans …. ça ne sert strictement à rien.
    Denise Bombardier : Monsieur Maztneff nous raconte qu’il sodomise des petites filles de 14 ans, 15 ans, que ces petites filles sont folles de lui. On sait bien que des petites filles peuvent être folles d’un monsieur qui a une certaine aura littéraire, d’ailleurs on le sait que les vieux monsieurs attirent les petits enfants avec des bonbons. Monsieur Matzneff, lui, les attire avec sa réputation. Mais ce que l’on sait aussi, c’est que ces petites filles… ce que l’on ne sait pas, c’est comment ces petites filles de 14 ou 15 ans, n’est-ce pas, qui ont été non seulement séduites, mais qui ont subi ce que l’on appelle, dans les rapports entre des adultes et les jeunes, un abus de pouvoir. Comment s’en sortent-elles ces petites filles après coup ? Moi je crois que ces petites filles là sont flétries et la plupart d’entre elles flétries peut-être pour le restant de leurs jours. Tout ça semble, semble bien…
    Gabriel Matzneff : Chère Madame…
    Denise Bombardier : Tout ça est enveloppé, bien sûr ! Mais je crois effectivement que quand on parle, quand on veut dénoncer l’apartheid quelque part, quand on veut dénoncer la torture ailleurs, quand on veut dénoncer la violation des droits des gens et, à la fin du 20ème siècle, on le dit, on en est rendu là. Je crois qu’on ne peut pas défendre ça et moi je ne comprends pas comment on peut publier des choses comme ça.
     « Je ne comprends pas comment on peut publier de choses comme ça ! »
    Gabriel Matzneff : Chère Madame…
    Bernard Pivot : Gabriel Matzneff !
    Gabriel Matzneff : Heureusement pour vous que je suis un homme courtois, parce que vraiment, je trouve insensé de parler comme vous venez de le faire. D’abord, je…
    Denise Bombardier : Ah, je suis sûre que vous trouvez cela insensé !
    Gabriel Matzneff : Non, d’abord, vous n’avez pas lu mon livre, vous l’avez feuilleté. Dans ce livre, il y a des rencontres d’amour, de séduction réciproque. Je n’ai, je ne suis pas du tout, je suis le contraire d’un macho, d’un type qui force qui que ce soit à faire quoi que ce soit, et ce sont, je me permets de vous rappeler, des amours durables
    [effet pour le moins inattendu, à ces mots « amours durables », le livre « Mes amours décomposés » s’affiche à nouveau à l’écran]
    Gabriel Matzneff : … toutes les jeunes personnes qui sont là sont restées dans ma vie et m’ont aimé et peut-être certaines m’aiment encore pendant de très nombreuses années. Et… vous insistez, il y a… est-ce qu’il y a beaucoup… la plupart de ces jeunes filles d’ailleurs… il n’y a pas une jeune fille de 14 ans… il y a des jeunes filles qui ont 2 ou 3 ans de plus, elles ont tout à fait l’âge de vivre des amours. Elles tombent sur un homme qui n’est pas un monstre de laideur, qui est relativement lettré, qui est un homme assez bien élevé, qui est peut-être très gentil et qui peut-être les rend très heureuses. Et je vous interdis de porter des jugements… de ce genre de jugement
     
     
    « Je vous interdis de porter ce genre de jugement ! »

     

    Gabriel Matzneff : D’abord, parce qu’un livre, c’est une écriture, c’est un ton, c’est un univers. Je suis in… et donc… d’abord… portant un jugement sur un livre… d’abord, savoir si c’est un livre d’un écrivain. Si c’est un beau livre, s’il y a un ton…
    Denise Bombardier (elle fait non de la tête) : La littérature ne peut pas servir d’alibi.
    Gabriel Matzneff : Et cela dit …
    Denise Bombardier : Il y a des limites, même à la littérature.
    Gabriel Matzneff : Il n’y a pas de limite à la littérature.
    Denise Bombardier : Et je crois que si Monsieur Matzneff était plutôt un employé anonyme, de n’importe quelle société, je crois qu’il aurait des comptes à rendre avec la justice de ce pays.
    Gabriel Matzneff : Il n’y a absolument au…
    Bernard Pivot : Alors Monsieur Stagnara…
    Gabriel Matzneff : enfin là, vraiment, je crois que ça devient vraiment extravagant ….
    Bernard Pivot : …quel est votre avis là-dessus ?
    Pierre Stagnara : Moi je reste impressionné par l’aliénation que représente… vous savez, il y a une sorte de fascination, il y a un aspect démoniaque, mais dans lequel il y a un certain plaisir vraisemblablement. Mais… ces filles, on ne peut pas les empêcher de subir une certaine fascination. Et j’avoue que, comme vous, je suis très impressionné. Ça rejoint quelque chose de très grave. Et…
     
    « Et j’avoue que, comme vous, je suis très impressionné. Ça rejoint quelque chose de très grave »
    Denise Stagnara : Moi je remarque que, comme vous, en France, ces choses-là se disent, sont permises… enfin sont permises… sont tolérées… et que même…
    Denise Bombardier : Je ne crois pas que c’est la France, Madame. Je crois que c’est un certain milieu parisien
    Denise Stagnara : Peut-être, peut-être…
    Denise Bombardier : qui veut avoir l’air tellement libéral.
    Denise Stagnara : il y a des endroits où trouve ça, où on est libéral…
    Denise Bombardier : Je ne vois pas ça, on ne voit pas ça. D’ailleurs, je crois qu’aucun pays n’est comme ça, aucun pays civilisé n’est comme ça.
    Denise Stagnara : Oui, oui. Moi je ne sais pas si vous avez lu notre livre, mais c’est une chose que je dis dans la conclusion. Je suis étonnée de voir qu’on défend les droits de l’homme à tout prix et qu’on ne défend pas les amours fidèles, alors que tromper dans un contrat, on va en prison et tromper son mari, c’est drôle ! Alors je trouve que c’est dommage qu’on dise comme ça en France.
    Bernard Pivot : Oui, et votre avis Catherine Hermary-Vieille ?
    Catherine Hermary-Vieille : Moi j’ai surtout, je dirai, l’impression de quelqu’un de malheureux, de quelqu’un qui se posait des questions très profondes sur lui-même et je pense que c’est pas un livre de bonheur, mais c’est un livre qui pose des interrogations sur l’auteur, aussi, sur ce qu’il recherche, ce qu’il espère de sa vie et…moi j’ai trouvé, j’ai trouvé…
    Denise Bombardier ( ?) : C’est un livre de mort, un livre de mort, c’est sûr…
    Catherine Hermary-Vieille : Oui, oui… c’est un livre où il y a une grande tristesse, une grande tristesse qui est comme un fil qui tisse une étoffe peut-être de joie, de rencontres, mais les fils qui tissent cette étoffe sont des fils… tristes.
     
    « les fils qui tissent cette étoffe sont des fils… tristes »
    Bernard Pivot : Et je voudrais donner à Matzneff, pour terminer, une conclusion.
    Gabriel Matzneff : Ecoutez, lorsqu’on est attaqué d’une façon si … aussi, je veux dire, aussi injuste

    Fin de la vidéo

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